|
|
|
|
|
Accueil | Prabhupada | Acharyas Précédents| Vaisnavas | Actualités | Liens | Carnet de Visiteurs | Abonnez-vous |
|
Sa Sainteté Indradyumna Swami |
|
«La Volonté Du Peuple » Journal d’un Prédicateur Itinérant Volume 7, 8ème Chapitre Du 30 juin au 17 juillet, 2006 Par Indradyumna Swami
Bien que j’aie savouré chaque minute de mon pèlerinage à Jagannatha Puri, je m’inquiétais de la tournée en Pologne. Pendant que Jayatam dasa et moi visitions à Puri, toute la responsabilité pour l’organisation des festivals reposait sur Nandini dasi. Nandini est certainement capable, mais s’occuper totalement de la tournée est beaucoup pour une seule personne. Cette année nous avions des plans plus grandioses que jamais. Le thème du tour que nous avions choisi était « Un été de Yoga. » Jayatam et Nandini avaient pris tous deux des cours intensifs pour enseignants de yoga pendant le cours de l’année pour pouvoir donner des leçons pendant les festivals. Le média polonais a pris le thème, et la radio principale de Pologne, Programme Un, parlait des festivals tous les jours. Gazeta Wyborcza, le journal le plus grand du pays, faisait la publicité pour les festivals dans la section quotidienne des ‘Récréations pour l’été’. Juste avant mon départ pour Puri, Nandini s’occupait à obtenir des visas pour 250 dévots de Russie et d’Ukraine, à mobiliser 25 tonnes d’équipement emmagasiné pendant l’hiver, à nous trouver une base d’opérations dans une école sur la côte baltique, et à signer des contrats pour 42 festivals. Mais, pendant notre séjour à Puri, ni Jayatam ni moi avions eu de contact avec elle. Nos téléphones portatifs ne marchaient pas, sûrement parce que le réseau téléphonique devait être complètement encombré par plus d’un million d’autres pèlerins usant les systèmes téléphoniques de la ville. Aussitôt arrivés à l’aéroport de Madras pour notre vol de retour en Europe, mon téléphone mobile a commencé à sonner avec les messages sms mémorisés pendant la semaine précédente. Le premier que j’ai ouvert été marqué, « Urgent. Contactez-moi immédiatement. Opposition féroce. Un festival déjà annulé. Nandini. » J’ai appelé Nandini immédiatement, mais parce qu’il était tard en Pologne, elle n’a pas répondu. Je ne pouvais pas rester assis tranquillement pendant tout le trajet vers l’Europe. « Quels sortes de problèmes penses-tu qui nous affrontent ? » j’ai demandé à Jayatam. « Je ne vais pas spéculer » dit-il, « mais je m’attendais à voir des problèmes parce que le nouveau gouvernement est extrêmement conservateur. » Plus tard pendant le vol, je fus étonné de trouver dans le journal International Herald Tribune un article ayant le titre « Piquée par le jugement de l’EU, la Pologne a une réfutation. » « Il y a deux semaines » commença l’article, « le parlement européen, les représentants du peuple européen, sis à Strasbourg ont passé une résolution qui exprimait une alarme générale au sujet de l’accroissement de la haine raciste et la xénophobie en Europe, indiquant plusieurs pays qui ont subi des incidents violents racistes ou religieux, mais s’inquiétant particulièrement de la Pologne. » Immédiatement à notre arrivé à Frankfurt, j’ai appelé Nandini de nouveau. Cette fois-ci elle a répondu pour me mettre au courant. « L’Église Catholique est alignée intimement avec le nouveau gouvernement » commença-t-elle, « et elle cherche toutes les opportunités pour affermir sa position. Nous avons attiré beaucoup d’attention avec la vaste publicité de nos festivals. » « Il y a maintenant une campagne publicitaire qui se nomme ‘ L’été Contre Les Cultes.’ Dans tous les médias, le public est alerté que les cultes profitent de la saison d’été pour diffuser leur propagande. » « Pendant les dernières semaines, le prêtre de l’église principale de Kolobrzeg, la plus grande ville de la tournée, nous calomnie pendant ses sermons du dimanche. Il ne parle que de nous. Le résultat est que la ville a annulé notre permit pour le terrain près de la plage qui était réservé pour notre festival dans deux semaines. « Le prêtre de Siemysl, où nous avons notre base, lui aussi ameute des mauvais sentiments contre nous. Il prévient sa congrégation du dimanche de bien surveiller leurs enfants pendant que nous sommes dans la ville. Il met des avertissements contre nous sur le panneau d’affichage à l’entrée de l’église. La situation est tendue dans la ville. Il y en a plus, mais j’attendrais votre arrivée pour vous mettre à jour. » Pendant le vol de Frankfurt à Varsovie, j’ai réfléchi à la situation. « Pendant mon pèlerinage à Puri » j’ai pensé, « j’ai prié au Seigneur Jagannatha pour la bénédiction de pouvoir toujours distribuer Sa miséricorde à ceux qui sont moins fortunés que moi, mais cette miséricorde n’est pas toujours appréciée par ceux à qui elle est dirigée. Un prédicateur doit donc être tolérant. » L’après-midi du lendemain, pendant le réunion de l’assemblée du festival, j’ai parlé avec Nandini au sujet du festival annulé de Kolobrzeg. « L’ambassadeur de l’Inde est notre invité d’honneur à ce festival » j’ai dit. « Ce sera en grand embarras pour le gouvernement polonais si nous devons informer l’ambassadeur que le festival est annulé à cause de la discrimination religieuse. » « J’en suis consciente » dit Nandini, « et je tiens à le discuter avec le maire de Kolobrzeg à la fin de la semaine. » J’ai regardé tous les dévots présents. « Aucun ne doit se sentir découragé » j’ai dit. « L’opposition que nous affrontons n’est rien de nouveau. Nous faisons face à cette opposition toutes les années. » « Mais ils sont particulièrement agressifs cette année » dit Jayatam, « surtout après les dernières élections. Notre gérant de sécurité, Raksana dasa, reçoit des messages sms sur son téléphone mobile le prévenant de ne pas faire de festivals cette année. » « Attendons pour voir la réaction de la population » j’ai dit. « Quand nous sortirons en Harinam demain, nous pourrons mieux juger la situation. » Le lendemain, nous sommes partis sur la plage à Pobierowo pour faire la publicité du festival de la soirée. Pendant que je réfléchissais sur le souci du Parlement Européen au sujet de la xénophobie en Pologne et la mauvaise campagne publicitaire de ‘ L’été Contre Les Cultes’, je me sentais plein de tension, pour le dire simplement. En descendant de l’autobus, j’ai regardé aux alentours. « Peut-être que les gens n’accepteront même pas nos invitations » j’ai pensé. Mais les résultats de 17 ans de festivals le long de la côte n’allaient pas se dissiper si rapidement. Aussitôt que nous avons mis les pieds sur la plage, la volonté du peuple s’est manifestée, en dépit de toute l’opposition du gouvernement. « La nation qui a peur de laisser sa population juger la vérité et la fausseté des idées dans un marché ouvert est une nation qui a peur de sa population. » John F. Kennedy L’instant que notre procession colorée de 100 dévots a commencé à marcher sur le sable, les spectateurs ont pris leurs enfants, mais non par peur. Ils poussaient leurs enfants vers nous pour prendre leur photo dans notre compagnie. Les dévotes ont enlevé leurs guirlandes de soie que je leur avais achetées pendant mon voyage à Puri, pour les mettre sur les cous des enfants. Cela a fait une sensation. Tout le monde voulait porter une guirlande de fleurs de soie pour se prendre en photo avec nous. Mais avec tous ceux qui nous cerclaient sur la plage, nous n’avancions qu’à la vitesse d’un escargot. Je me suis tourné vers Amrtananda dasa. « C’est une bonne idée » j’ai dit, « mais comment allons-nous faire la publicité pour le festival à cette allure ? » Amrtananda s’est mit à rire. « Je ne crois pas que vous pourriez demander pour une meilleure publicité que celle-ci ! » Pendant que nous chantions sur la plage, les gens nous saluaient de la main en nous souriant. Et pour la première fois, les gens nous accueillaient en disant ‘Hare Krishna !’ ou ‘Hare Hare !’ J’ai hoché ma tête. « Les choses sont en train de changer » me suis-je dit à voix basse « et pour le mieux. » En nous approchant d’une famille qui se soleillait, une fille de sept ans s’est assise toute droite lorsqu’elle a entendu le kirtan. J’ai reconnu immédiatement qu’elle était aveugle. Pendant que la parti de Harinam avançait, elle a tournait un peu la tête. Elle a commencé à sourire, et en nous approchant de plus en plus près, elle a mit la main dans son sac pour chercher quelque chose. Elle a ensuite couru vers nous avec un grand sourire pour me donner une pièce d’un zloty. « Hare Krishna » je luis ai chuchoté dans l’oreille. Cent mètres plus loin sur la place nous avons fait face à la seule opposition du jour. Une femme c’est dirigée vers le groupe de kirtan pour commencer à se plaindre fortement que nous dérangions (de toutes les choses) les animaux sauvages du lieu. Elle montra du doigt les mouettes qui avaient été épouvantées par le son du kirtan. « Vous dérangez les pauvres animaux, les oiseaux et les poissons avec votre fracas ! » hurla-t-elle en attirant l’attention de beaucoup de baigneurs de soleil. Tout d’un coup, un jeune phoque a sorti la tête de l’eau à quelques mètres de nous. Il a nagé vers la plage et sorti sur le sable pour s’arrêter à deux mètres de notre groupe de kirtan. Il dressa la tête et resta assis en écoutant le kirtan. Les gens se sont mis à rire et la dame en était stupéfiée. « Ce doit être le phoque qui nous a suivi dans l’eau l’année dernière » j’ai dit aux dévots. « Voyons s’il nous suit aussi cette année. » En effet, quand nous avons recommencé notre marche sur la plage, le phoque s’est lancé dans l’eau pour nager à nos cotes. Chaque fois que nous nous arrêtions, il levait la tête pour nous écouter. La soirée venue, notre site du festival fut inondé par le public. Une enseignante de la région et venue avec 50 jeunes étudiantes à la boutique de la vogue où l’on habille les participantes en saris. « Il y aura un mariage en ville dans une heure » dit la maîtresse « et ma classe est invitée. Toutes les filles veulent porter des saris du festival Hare Krishna. » On a du apporter les réserves pour habiller les filles à temps pour l’événement. En même temps, les dévotes qui travaillaient la tente des points de gopi se sont presque évanouies quand la dirigeante d’un camping est venue, accompagnée de 320 jeunes filles qui voulaient toutes avoir leur visage décoré, une tâche qui a pris toute la soirée. Aussitôt que le programme commença, les gens se sont approchés de l’estrade pour s’asseoir aux premiers rangs. Ils se sentirent émerveillés par les danseurs de Bali qui interprétaient la Ramayana dans leurs beaux costumes traditionnels. Le jour suivant, nous sommes sortis en Harinama sur la même plage pour annoncer le programme de la soirée. Le temps était parfait. Il n’avait pas plu pendant des semaines. En fait, les dévots m’avaient dit qu’ils n’avaient pas vu un nuage dans le ciel pendant tout un mois. L’été fut plus chaud que d’habitude, avec la température qui montait vers les hauts 30°. La situation était ironique, néanmoins, parce que les autorités avait interdit la baignade dans la Mer Baltique. Ils avaient peur que la différence de température entre l’air chaud et l’eau froide soit un choque pour les gens. Pendant qu’on chantait sur la plage, les gens s’ensoleillaient sans pouvoir se soulager de la chaleur. Moi aussi, je sentais la chaleur. Pour faire la publicité pour nos programmes, nous passons quatre heures par jour à chanter dans le soleil le long des plages. En faisant six festivals par semaine, on passe 24 heures en Harinama, ce qui peut être épuisant. « Je suis déjà fatigué » j’ai pensé, « et ce n’est que la première semaine de la tournée. Il nous reste encore sept semaines. » Mais j’ai remarqué plusieurs personnes sur la plage qui lisaient les livres de Srila Prabhupada qu’ils avaient acheté la soirée précédente. Je ne pouvais pas penser à une récompense plus grande pour toutes les austérités accomplies, et je me sentais remplis à nouveau d’énergie. Le soir venu, en route vers le festival, j’ai parlé avec un dévot. « Les parties de Harinam sont vraiment puissantes » je lui ai dit. « Elles réveillent l’appréciation des gens pour la conscience de Krishna. » « Malheureusement » me répondit-il, « des milliers d’entre eux ne viennent pas aux festivals. » « Ça ne fait rien » j’ai dit. « Les Harinamas sont des festivals en eux-mêmes. Les gens obtiennent tellement de bénéfice simplement en les regardant. » « Trivikrama Swami m’a raconté une histoire récemment » j’ai continué. « Une fois il est allé voir Srila Prabhupada après un Harinama. » « ‘Les gens ont-ils aimé le Harinama cet après-midi ?’ demanda Srila Prabhupada. « ‘Oui, Srila Prabhupada’ dit-il. ‘Beaucoup de personnes l’ont apprécié.’ » « ‘C’est bien’ dit Srila Prabhupada. ‘Même s’ils ne l’apprécient qu’au niveau mental, ils feront du progrès spirituel.’ » Deux jours plus tard notre festival a déménagé à Revel. Pendant le programme, une femme se promenait dans le festival en critiquant les dévots. Finalement, elle s’est approchée de moi. « Regardez, tout le monde ! » s’écria-t-elle. « Regardez-le ! Un loup déguisé en brebis ! Il s’appelle un religieux, mais ses intentions sont néfastes. » À ma grande surprise, la police est venue l’arrêter pour sa conduite instigatrice et la condamna plus tard à une amende de 800 zlotys. Le lendemain, Nandini s’est réunie avec le maire de Kolobrzeg. Il savait que notre festival avait été annulé, mais il n’était pas involucré dans l’affaire. Nandini a essayé de lui faire surpasser la décision et nous retourner l’endroit favorable à coté de la plage. « Ça je ne peux pas le faire » dit le maire, «mais parce que l’ambassadeur de l’Inde va venir, je vous donnerais un autre lieu – la place au centre ville. Elle est pleine de touristes pendant tout l’été. » Sa secrétaire s’est alarmé. « M. le Maire » dit-elle, « vous êtes brave de leur donner le square. Souvenez-vous qu’il y a les élections cet automne. » Une semaine plus tard, nous avons commencé un festival de trois jour dans la place centrale. Le temps était merveilleux et les gens sont venus par les milliers. En plus de notre programme habituel, l’audience fut enchantée par un groupe de danser du Rajasthan, organisé par l’Ambassade de l’Inde. Mon frère-en-Dieu d’Australie, Kurma das a satisfait la foule avec ses leçons de cuisine dans une de nos tentes. Et la tente du Yoga organisée par Jayatam fut bondée pendant tout le festival par les jeunes et les vieux. Le dernier jour du festival, il y a eu un mariage style indien sur l’estrade. Subuddhi Raya das et sa fiancée Radha Katha dasi ont pris leurs vœux dans la présence de mille personnes. La foule était si nombreuse dans la grande place que personne ne pouvait circuler. Après le mariage, l’Ambassadeur de l’Inde et le Maire donnèrent leur discours sur l’estrade. Je me trouvais dans la tente de la technique audio, savourant l’éloge que l’Ambassadeur nous donnait pour nos efforts de partager la culture de l’Inde avec le peuple de la Pologne. En surveillant l’audience énorme, je me sentais émerveillé qu’en dépit de toute l’opposition orchestrée contre nous, nos festivals sont plus grands et encore plus réussis. Et pour mettre le glaçage sur notre gâteau, le Seigneur m’a envoyé un message d’assurance dans un coup de téléphone de Pracarananda dasa, qui est notre liaison avec le gouvernement. « Maharaja » me dit-il, « vous serez intéressé d’apprendre que le Ministère d’Affaires Domestiques vient de publier un report sur les cultes en Pologne. C’est une étude détaillée de chacune des sectes que le gouvernement polonais considère dangereuses. Je suis étonné, mais nous ne sommes pas sur la liste. En fait, le report ne nous mentionne même pas une fois. Les opinions changent. Bien sur, ce n’est pas la fin de nos problèmes avec l’opposition, mais c’est un grand pas dans la bonne direction. » Je fus si heureux de cette nouvelle, que je me suis promené dans le festival dans un état d’euphorie. Et finalement la cerise fut placée sur le glaçage quand un dévot provenant de la tente des Questions et Réponses est venu me voir. « Maharaja » dit-il, « une enseignante de l’école secondaire de la ville est venue dans la tente. Elle a vraiment apprécié l’éloge de l’Ambassadeur pour notre festival, et vous serez surpris par ce qu’elle a dit. » « Dit-moi, s’il te plait. » « Elle m’a dit que le mouvement pour la conscience de Krishna est juste ce dont à besoin la jeunesse polonaise, et que nous devrions joindre nos forces avec le gouvernement pour lutter contre les cultes. » Une fois de plus, la sagesse des paroles de Srila Prabhupada sont venus dans mon mental : « Ce n’est pas notre affaire de créer des ennemis, mais le processus est tel que les non-dévots seront toujours antagonistes envers nous. Néanmoins, comme les écritures instruisent, un dévot doit être à la fois tolérant et miséricordieux. Les dévots engagés dans la prédication doivent se préparer à être accusés par les personnes ignorantes, et aussi ils doivent se montrer très miséricordieux envers les âmes conditionnées du monde. S’il peut accomplir son devoir dans la succession disciplique de Narada Muni, son service sera surement reconnu. Nous devons servir sincèrement le Seigneur, et ne pas être distraits par nos soi-disant ennemis. » [Srimad-Bhagavatam 6.5.39, purport] Indradyumna.swami@pamho.net www.traveling-preacher.com www.traveling-preacher.com (Site Officiel du Journal d’un Prédicateur Itinérant) |