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Sa Sainteté Indradyumna Swami |
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«Pour le Bénéfice de Tous » Journal d’un Prédicateur Itinérant Volume 7, 9ème Chapitre Du 18 au 22 juillet, 2006
Par Indradyumna Swami Amritananda dasa et moi, nous étions en route pour préparer un festival et nous nous sommes arrêtés pour voir un fourgon chez un vendeur de voitures d’occasion à Trzebiatow. Un homme âgé de plus de 70 ans est sorti pour nous accueillir. « Ça fait longtemps que vous ne venez plus par ici » nous dit-il. « Pendant beaucoup d’années, vous avez fait vos festivals d’été ici. Ensuite vous avez arrêté, pour les faire dans le village voisin Mrzezyno. » « Plus de gens » lui dis-je courtement. J’avais hâte de voir le fourgon et continuer vers le festival. « Savez-vous combien les gens manquent vos festivals à Trzebiatow? Nous ne sommes qu’un petit village de campagne où rien ne se passe jamais. Vos festivals étaient l’apogée de l’année pour nous. » Tout d’un coup le fourgon n’avait plus d’importance. « Comment puis-je être si calleux ? » j’ai pensé. « Comment ne pas réciproquer avec cet homme qui montre un intérêt à la conscience de Krishna ? » Nous avons bavardé pendant quelques moments, et après avoir inspecté le camion, les trois on est retourné à notre fourgonnette. « Je participerais au festival de Mrzesyno ce soir avec ma petite-fille » l’homme nous dit. « Elle a dix ans et elle participe à vos festivals depuis qu’elle a cinq ans. » En partant, j’ai pensé qu’un dévot ne doit jamais être si pressé qu’il ne peut pas s’occuper à de quelqu’un qui montre un intérêt au service de dévotion du Seigneur. Partager la conscience de Krishna est la quintessence même de la vie d’un dévot. « Après tout » j’ai pensé, « ce n’est pas si longtemps depuis que moi-même j’étais dans l’oubli du Seigneur. Sans que Vishnujana Maharaja prenne le temps de me prêcher, où serais-je à présent ? » J’ai pensé à un passage du Caitanya-caritamrta : « Bien que Vasudeva Vipra soit lépreux et qu’il ait souffert beaucoup, le Seigneur Caitanya l’a guéri. La seule récompense que désirait le Seigneur était que Vasudeva prêche les instructions de Krishna pour ainsi libérer tous les êtres humains. Tel est le intention de l’Association Internationale de Krishna. Chacun des membres de cette Société a été sauvé d’une condition très abominable, mais maintenant ils sont engagés dans la prédication de la culture de la conscience de Krishna. » Sri Caitanya-caritamrta Madhya 7.148 (Commentaire de Srila Prabhupada) Lors de notre arrivé au site du festival à Mrzezyno, je fus surpris de voir que l’équipe qui préparait l’estrade ainsi que celle de la tente n’avaient pas encore commencé leurs travaux. Non loin d’eux, j’ai vu Nandini dasi qui parlait à des hommes mécontents. « Que se passe-t-il ? » J’ai demandé à un dévot. « Les propriétaires des magasins de la place ne veulent pas qu’on fasse le festival ici » dit-il. « Ils disent que le festival détracte leurs ventes. Ils ont interdit l’accès à notre camion. Bien qu’il commence à se faire tard, j’avais décidé de ne pas intervenir. J’allais laisser Nandini s’occuper de la situation. Faire les négociations sous pression est sa forte. Après une demi-heure de discussions, elle est venue me parler. « Guru Maharaja » me dit-elle, « Ils sont déterminés de ne pas nous laisser faire le festival à la même place que l’année dernière. Il obstruait la vue de leurs magasins. Bien que nous aillions la permission légale de nous installer ici si nous le voulons et nous pouvons forcer la situation, je ne crois pas qu’il serait sage de le faire. Ces même gens seront ici chaque année et ils deviendront de plus en plus antagonistes. Je suggère un compromis. Ma réaction première fut la colère et un désir d’affirmer nos droits, mais après avoir écouté la suggestion raisonnable de Nandini, je me suis calmé et je me suis mis d’accord avec elle. Notre bonne volonté à réussi à adoucir leur cœur, et ils ont suggéré un terrain proche. Ce nouveau lieu faisait face à leurs boutiques donnant ainsi l’impression qu’ils faisaient part du festival. Plus tard dans la soirée, je suis allé à un des commerces pour acheter des fruits. « Comment vont les affaires ? » j’ai demandé au commerçant. Il m’a souri en disant « mieux que jamais ! » Par l’arrangement du Seigneur, le nouveau site était encore mieux pour nous que le précédent, et la prédication elle aussi était meilleure à Mrzezyno. Au cours du festival j’ai félicité Nandini pour sa fine diplomatie en s’occupant de l’affaire des commerçants. Même les dévots doivent recourir parfois à la diplomatie : « Un diplomate dans le monde matériel sait comment avoir affaire avec les hommes du monde, particulièrement dans la politique. Dans beaucoup de cas, nous avons vu la diplomatie de Rupa Gosvami, de Raghunatha dasa Gosvami et de Ramananda Raya utilisée dans le service du Seigneur. Lorsque le père et l’oncle de Raghunatha dasa Gosvami devaient être arrêtés par les officiers du gouvernement, Raghunatha dasa Gosvami les a cachés et il est allé lui-même discuter avec les officiers pour résoudre l’affaire diplomatiquement. Sri Caitanya-caritamrta, Madhya 12.45 (Commentaire de Srila Prabhupada) J’ai souvent vu le service de dévotion adoucir le cœur d’une personne, tout comme les cœurs des commerçants furent adoucis, et en voyant ces transformations, ma foi dans la conscience de Krishna devient approfondie. En vérité, je vis pour voir ces moments parce qu’ils sont pour moi une manifestation de Gaura-sakti, la puissance interne spirituelle du Seigneur Caitanya Mahaprabhu. Ils sont la récompense qu’obtient un prédicateur pour les austérités subies en répandant les enseignements du Seigneur. Une autre occasion se présenta plus tard dans la soirée. Comme d’habitude, des milliers de personnes participèrent à notre événement. À la fin, au moment du kirtan final, j’ai remarqué Nandini qui parlait avec un homme. Même la clameur du kirtan et les 100 enfants qui dansaient avec nous, soulevant un nuage de poussière au-dessus du festival, n’arrivait pas à interrompre leur conversation. C’est seulement après que nous aillons fini et que la plupart des gens étaient partis que Nandini et l’homme ont terminé leur dialogue pour se dire adieu. J’ai demandé à Nandini auprès de l’homme. Je pouvais voir que Nandini avait été touchée par la miséricorde du Seigneur Caitanya descendant sur une des âmes déchues du Kali Yuga. « Il est le Chargé d’Affaires Cultures de Trzebiatow, le village voisin » me dit Nandini. « Il nous a aidé à obtenir les permissions et à organiser nos festivals pendant des années. Il est triste parce qu’on ne les fait plus dans son village. » J’ai pensé au vieux marchant de voitures d’occasion. « Oui » j’ai dit, « je connais quelqu’un d’autre à Trzebiatow qui a les mêmes sentiments. » « Cet homme » me dit Nandini, « me disait comment il se souvenait de toutes les choses que nous lui avions enseignées sur la conscience de Krishna, au cours des ans. ‘Je vous écoutais toujours’ m’a-t-il dit, ‘mais ça ne me faisait pas beaucoup de sens à ses moments.» « Par suite, il y a de cela quelques mois, un cancer maligne a été découvert dans sa mère. Il en était dévasté. Il ne trouvait de confort nul part. En voyant sa mère mourir petit à petit, il ressentait la peine la plus profonde de sa vie. » « Mais, d’un coup, il commençait à se rappeler les petits bouts de sagesse que nous lui avions donnés dans nos discussions personnelles et aux festivals. ‘Je me suis souvenu du karma’ dit-il, ‘ et de la réincarnation et la nature temporaire de ce monde et la réalité du monde spirituel. Ce fut comme un baume pour soulager mon âme qui souffrait,’ m’a-t-il dit. » « Au passage des jours et quand la situation devenait plus tendue, il se sentait trouver un calme en réfléchissant à la sagesse que nous avions partagée avec lui. Lorsque sa mère a finalement mourut, c’était pénible pour lui, mais il avait réussi à le tolérer. Il m’a dit, ‘je suis venu ici aujourd’hui pour vous remercier de la connaissance que vous m’avez donnée. » « Je lui ais dit que nous étions heureux de partager avec lui ce qui nous avait également sauvés. Je voulais lui faire un cadeau pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour nous en nous aidant avec les festivals à Trzebiatow, et je l’ai mené à notre boutique indienne. » « Quand il a réalisé mes intentions, il m’a dit, ‘le véritable cadeau que vous pouvez me donner ne se trouve pas ici.’ Il m’a mené hors de la boutique indienne vers le tente aux livres. Il a pris une Bhagavad-gita en disant ‘celui-ci est le meilleur cadeau qu’on puisse recevoir.’ » « Ensuite, à mon grand étonnement, il a pris un chapelet de japa de la table, en ajoutant ‘ça aussi.’ » « ‘Je dois retourner votre gentillesse d’une manière spirituelle’ me dit-il. ‘Le peu que j’ai appris m’a beaucoup aidé. Je ne peux qu’imaginer les gains que je pourrais y trouver en allant en profondeur.’ » « Avec ces mots, il m’a fait une donation et il retourna à sa voiture. Je suis vraiment émerveillée, Guru Maharaja, comment ces festivals changent le cœur de tant d’âmes conditionnées. » « Moi aussi » j’ai répondit, en hochant la tête. « Il doit y avoir beaucoup d’histoires similaires parmi les milliers de gens qui viennent à nos festivals. Nous devons prier pour le privilège de rester engagés ainsi pendant beaucoup d’années dans l’avenir. Ces festivals sont le désir du Seigneur et de Ses purs représentants, qui ont formulé, il y a longtemps, le programme d’inondation du monde entier dans l’océan de l’amour pour Dieu. » Le soir venu, avant de me coucher, j’ai lu un passage dans le Prema Vilasa de Sri Nityananda dasa : « Un jour, Jiva Gosvami a appelé Srinivasa Acharya et Narottam das Thakur. « ‘Allez demander permission de vos maîtres spirituels avant de partir pour le Bengale avec les livres.’ Leur dit-il. « Les deux prabhus sont allé voir d’abord Lokanatha Goswami. « Lokanatha Goswami leur dit ‘Ce que vous allez faire est la perfection de tout ce que je vous aie appris. Souvenez-vous de pratiquer la renonciation ; n’utilisez pas l’huile parfumée ou autres articles de luxe. Mangez une nourriture simple – et seulement une fois par jour. « ‘Rendez service aux Vaisnavas avec le même amour et la même dévotion que vous rendez à Krishna. Demeurez toujours vigilants et évitez les offenses en exécutant votre service de dévotion. « ‘Et le plus important, faites le sankirtan et arrangez des grands festivals pour le bénéfice de tous. C’est là mon ordre.’ » [Prema Vilasa, Sri Nityananda das, Douxième Vilasa] Indradyumna.swami@pamho.net www.traveling-preacher.com www.traveling-preacher.com (Site Officiel du Journal d’un Prédicateur Itinérant) |