Un
jeune sannyasi est dans une situation précaire. Il doit prendre la
conscience de Krishna très sérieusement. J’essayais donc d’être un bon
sannyasi, d’être conscient de Krishna. Puis j’ai réalisé que je n’étais
pas suffisamment conscient de Krishna, que Prabhupada méritait être
servi beaucoup mieux que je me le sentais servir. J’étais dans cette
humeur, un peu triste, quelques mois après avoir accepté l’ordre du
sannyasa. J’ai pensé « Il vaut mieux que je mange moins. » Ainsi
j’essayais de manger très peu pendant quelques jours.
Tous
les jours à la Nouvelle Dwaraka, Prabhupada descendait les escaliers en
route pour son jardin, s’arrêtait à la petite chambre des sannyasis,
jetait un coup d’œil par la porte, entrait, regardait tout autour, et
ressortait pour continuer son chemin. C’était mon signal, et je me
levais immédiatement pour lui offrir mes révérences, puis courir après
lui. J’essayais de ne pas m’imposer sur Prabhupada, mais chaque jour il
venait me prendre de cette façon. Alors, un jour, en revenant du jardin,
et près de l’escalier montant à son appartement, au-dessus d’un
radiateur, il y avait une assiette en papier avec un tas de restes de
prasadam de pomme-de-terre ou de riz. Prabhupada s’est arrêté, il a
planté sa cane, il a regardé l’assiette, il s’est tourné vers moi et dit
« mange ça. » (Finies mes austérités !) J’ai immédiatement offert mes
obéissances, j’ai pris l’assiette et j’ai mangé le prasadam.
J’étais dans
la chambre de Prabhupada une fois quand Jadurani est entrée. Sa santé
n’était pas bonne, et elle a dit à Prabhupada qu’elle voulait faire un
jeûne. Prabhupada lui dit « Ne fait pas un jeûne complet. Ce n’est pas
bon de jeûner complètement. Au moins prend des fruits. »
Prabhupada a dit qu’on doit manger ce qu’on peut digérer. Il m’a
dit, « Si tu manges ce que tu aimes, ce sera bon pour toi. »
Source :
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